Journal du réseau Asylum... et diverses pensées magiques


J-1. Mardi 9 mai 2017

   Après plusieurs discussions avec Florence S sur le choix de la date la plus opportune pour activer le réseau Asylum, nous avons retenu celle du mercredi 10 mai. Demain. Tiens, un titre de film porteur d'espoir. Même pas vu venir celui-là, c'est un signe. Je prends.

   Le 10 mai est la journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions. Une bonne raison pour écouter B.B. King en écrivant les premières lignes de ce curieux journal. "Please help me" pourrait être la supplique de migrants arrivés au bout de leur long périple jusqu'aux portes fermées de l'Europe ; tandis que "Please remember me"... pourrait bien être la complainte de ceux qui ne sont jamais arrivés au terme de ce voyage. Un hommage aux ombres funestes de Zabus et Hippolyte.

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Les Ombres (Phébus)

   Le 10 mai est aussi la journée d'ouverture du festival "Rennes Pluriel", annoncé comme le rendez-vous de l'égalité et de la diversité culturelle. L'édito du programme cosigné par Nathalie Appéré (Maire de Rennes), Benoît Careil et Geneviève Letourneux fait judicieusement appel à Albert Camus, ce qui n'est pas pour me déplaire :

"Dans un contexte où la société peut apparaître comme fracturée, il nous faut réaffirmer ces liens qui nous libèrent et tisser la toile qui soutient le vivre ensemble, dans le respect des singularités. Comme le rappelait Albert Camus, la démocratie n'est pas la loi de la majorité mais la protection de la minorité."
   Camus dans les pas de Tocqueville, cela résonne (raisonne) plutôt bien. Reste à savoir si nous résisterons encore longtemps à la tentation du despotisme démocratique, à un abandon de nos libertés au profit de notre sécurité. Au détriment de celle des réfugiés...

    J'en viens plus concrètement à cette ouverture officielle du réseau Asylum. A savoir un ensemble de partenaires des mondes de la culture, de l'éducation et de la vie associative ayant pris la responsabilité - et d'une certaine façon le risque - de s'afficher Asylum dans l'espace public au moyen d'un même signe de reconnaissance, le dessin de couverture de la bande-dessinée éponyme de Javier De Isusi parue chez Rackham :

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   Qui est cette avant-garde humaniste ayant répondu spontanément à cet appel ? Sans douter un instant que son rôle en tant qu'acteurs culturels était autant de diffuser des œuvres que de prendre nettement position dans une période marquée par les ténèbres. Je vois des sourcils se lever, le mot est-il trop fort ? Pour moi, dissertant tranquillement au chaud devant mon écran, certainement. Pour ceux qui sont au même moment perdus dans la nuit froide d'un désert, désemparés au milieu d'une chaloupe en mer méditerranée ou mineurs étrangers isolés obligés de dormir dans un squat faute d'hébergement... "Bad luck" chante B.B. King.

   Qui est-elle cette avant-garde très resserrée ? Si rien n'est arrivé sur ma boîte mail : trois librairies rennaises (Le Failler, M'enfin et Greenwich), une librairie Lilloise (Meura) et le CVL d'adolescent-e-s épris-e-s de justice du lycée Victor et Hélène BASCH.
   D'autres ont été contactés : le Théâtre National de Bretagne, les Champs libres, le cinéma l'Arvor, l'association Un toit c'est un droit, le centre social Carrefour 18 (Rennes), le festival Étonnants Voyageurs (Saint Malo), les musées de l'Homme et de l'Histoire de l'Immigration (Paris), le cinéma Le Métropole (Lille), la librairie Mollat (Bordeaux) et bien sûr l'éditeur Rakham lui-même... dont le silence depuis l'aimable autorisation d'utiliser le dessin d'Asylum interroge...

   22h23. J'attendrais bien minuit au cas où je recevrais un mail de dernière minute du Louvre. Je n'ai pas envoyé l'article (ici), mais dans les films de Capra et de Lubitsch les miracles existent. Je vais en profiter pour saluer toutes celles et tous ceux qui ont déjà signé la pétition, avec souvent des messages qui font un bien fou :

"Je signe parce que je pense que la diversité est essentielle à la beauté et à la survie de notre monde et que l'aide et la solidarité sont bénéfiques non seulement à ceux qui sont aidés, mais aussi à ceux qui aident et il est normal d'accueillir et d'aider ceux dans la difficulté."
Romane Person

"WELCOME REFUGEES : notre pays, notre Europe à construire chaque jour ensemble plus forte, a toujours été une Terre d'Accueil pour les réfugiés du monde entier --> "Cap sur l’espérance" !"
Lola N.

   Des phrases que le vent devrait apporter aux migrants pour les aider à affronter toutes les épreuves, les violences et les drames du voyage. Parmi ces signataires : des hommes, des femmes, des adolescent-e-s croyant en une Europe plus fraternelle, sociale, accueillante. Parmi eux des responsables d'établissements culturels qui se posent encore la question de la sortie de leur neutralité et des risques (commerciaux, d'image...) que cela représente. Il faut que je dise ici sans bavardage combien cette hésitation est compréhensible et que je la respecte profondément.
   Mais avant de marquer une pause dans cette longue méditation, je voudrais juste formuler une question :

    Si on ne s'engage pas collectivement maintenant, citoyens et acteurs de la société civile européenne, quel devra être le niveau nécessaire d'atteinte aux droits de l'Homme pour qu'on puisse le faire demain ?

    La culture est l'arme sublime des humanistes, l'esprit contre la force pour reprendre Camus dans Les Amandiers. Qu'elle s'exprime haut et fort dans toute l'Europe, comme autant de lucioles indomptables, pour que nous retrouvions le courage et la générosité de l'asile. Qu'elle vienne soutenir et amplifier le combat que mènent déjà depuis des années des bénévoles, militants associatifs, artistes, simples citoyens face à cette crise migratoire inédite.
    Combat qu'ils menaient déjà quand je me contentais de lectures, de films, d'articles, de chansons engagées... sans les traduire dans la moindre implication politique. Le projet Asylum n'a aucune leçon à donner à qui que ce soit, sinon à son concepteur trop longtemps endormi. Dès demain, il se veut juste être le modeste trait d'union entre une myriade d'initiatives et de solidarités qui existent déjà ou ne demandent qu'à naître.

   23h42. Passé dans l'autre pièce pour mettre la table du petit-déjeuner, je m'arrête interdit devant le documentaire diffusé par France 2 : La Traque des nazis d'Isabelle Clarke. Oui, le point Godwin, je sais. Il n'empêche. Lorsque nous pensons à cette période du XXe siècle nous sommes à peu près certains que nous aurions tout fait pour empêcher cela. Même lorsque nous adorons "Né en 17 à Leidenstadt" de Godlman (ici). Les films sur la Shoah nous bouleversent, tout comme les détails sur les camps de concentration qui ont "accueilli" les réfugiés espagnols fuyant Franco (cf Asylum). Et pendant que nous projetons notre indignation et notre courage vers le passé, nous nous détournons des nécessaires combats du présent.


Raphael D pour le collectif Michael K


Jour J. Mercredi 10 mai 2017

    Le réseau Asylum est né. Frêle esquif porteur d'espoir. Je repousse le baby-blues de toutes mes forces alors que je me balade dans Rennes au milieu de gens dont je jalouse l'apparente légèreté. Certain-e-s ont pourtant, à n'en pas douter, des tracas bien plus pénibles que ceux liés à ma petite croisade.

  Aujourd'hui, passage rapide dans les trois librairies rennaises pour offrir un marque page Asylum de fabrication artisanale en remerciement de l'engagement de chacun des libraires. Cela n'apportera rien d'immédiat aux réfugiés, mais ces petits fils de lien social font du bien... Un délicat portrait en noir et blanc de J.M. Coetzee chez Greenwich favorise une discussion sur Michael K, sa vie, son temps. Bonheur d'un échange avec un fin connaisseur de l'auteur. En repassant récupérer un livre commandé, je lui demanderai son prénom.

   Sur la boîte mail, du neuf en provenance de la mairie de Rennes contactée il y a peu au sujet de "Rennes Pluriel". Mme Letourneux, Conseillère municipale déléguée aux droits des femmes et à l'égalité, et Mme Anabel Marie, déléguée à l'Europe, acceptent de nous recevoir en rendez-vous. Voilà une opportunité qui pourrait faire progresser Asylum. A suivre...
 
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   Début de soirée. Un coup d’œil au Télérama. Il faudra que je récupère Bande de filles que diffuse arte. Mais c'est le programme de TV5 Monde qui retient mon attention : "Non assistance" le documentaire suisse de Frédéric Choffat donne la parole aux citoyens européens qui se sont engagés d'une manière ou d'une autre dans l'aide aux migrants. Pour compenser l'inertie de leurs gouvernements. Légende à côté de la photo faisant suite au titre : "Non assistance...

... à personnes en danger. Les gouvernements ont abdiqué.
Qui prend le relais ?"

   Bonne question.


J +1. Jeudi 11 mai 2017

   Le jour d'après.
   Temps gris et pluvieux, mais matinée ensoleillée pour Asylum. Pas encore le grand soleil, non, mais les doux rayons que l'on aime sentir au jardin lorsque la tasse de thé fume encore, et que l'on s'abandonne à l'observation d'une mésange sur un groseillier.
    Le noyau du collectif Michael K du lycée VHB se cristallise progressivement pour compter ses forces. Quatre membres, c'est déjà la possibilité d'un quatuor à cordes dont les mélodies atteindront bientôt Le Louvre... en attendant l'orchestre ;)

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Le Quatuor à cordes © ADAGP, Paris 2012 - Hilaire

   Céline J. a pu glisser une documentation Asylum à Eric Vuillard lors d'une formation. J'avais eu l'occasion d'apprécier énormément une rencontre récente avec l'auteur de 14 Juillet à la librairie Un Fil à la page de Mordelles (ici). Céline a eu aussi le même réflexe que moi en contactant la Maison de la Poésie de Rennes... qui a choisi la thématique de l'exil pour l'année prochaine. Peut-être une nouvelle luciole en vue. J'en profite pour confier à ce journal un poème de Nicolas Tardy, en résidence de printemps à la maison de la poésie. Nous ne pouvions trouver plus approprié pour nos démarches, pas si évidentes, auprès des acteurs culturels, éducatifs et associatifs :

 "approchez n’en faites pas tout un plat approchez votre couleur vous rend unique approchez vous en serez tout retourné main basse sur votre vie acceptez de vous dévoiler hier votre collègue vous a parlé acceptez de vous dévoiler ça vous plaît si cette histoire n’est plus la vôtre elle continuera quand même ça ne vous plaît pas approchez-vous que diriez-vous de passer demain qu’en diriez-vous demain approche
APPROCHEZ"
Nicolas Tardy. Routines, éditions de l'Attente, 2006


   Sabine R. essaye de nous faire franchir le Rhin en multipliant les contacts en Allemagne. Si pour l'instant c'est infructueux, nous savons que tôt ou tard le romantisme allemand rejoindra les lucioles du réseau Asylum pour éclairer Berlin, Hambourg, Munich, Cologne, Francfort, Stuttgart, Düsseldorf... (bienvenue cette petite révision sur les principales villes allemandes). Sabine a d'ailleurs mis la main sur une initiative citoyenne allemande stimulante : Wir machen das jetzt (ici). A la réflexion, et il n'était pas question d'en douter, lucioles Asylum ou pas, l'Allemagne brille déjà de fort belle manière ! A l'origine de cette initiative : 100 femmes de la société civile allemande clamant qu'un autre monde est possible et que l'Europe doit accueillir les réfugiés. Elles ont été rejointes par des cinéastes, journalistes, universitaires, dramaturges, peintres, directeurs de théâtres... Une preuve supplémentaire s'il en était besoin que le monde de la culture sait s'engager lorsque l'urgence humanitaire l'exige.

   14h05. J'étais vraiment décidé à bosser... Seulement voilà : j'ai retrouvé dans mon cartable le dépliant de présentation de la nuit européenne des musées. Comme dans un bande-dessinée franco-belge de mon enfance les rouages de mon cerveau se sont activés :

Non assistance + Wir machen das + Nuit européenne des musées = A - - - - M

   Je ne crois pas que vous serez pendus... Un mail fiévreux vers mon contact des Champs libres expose rapidement cette équation et suggère que la nuit rennaise des musées s'affiche Asylum. Cinq musées importants deviendraient ainsi lucioles : le musée des Beaux-Arts, que je souhaitais contacter depuis un moment, La Criée, le Frac Bretagne, Les Champs libres et l'Ecomusée du pays de Rennes.

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Evidemment la Joconde me souris avec toujours le même air narquois : en profitant de cette nuit européenne des musées, me dit-elle,

" Pourquoi Le Louvre ne serait-il pas Asylum ? "

   Au boulot maintenant. Pour de vrai.

   22h53. Retour de l'ADEC (Maison du théâtre amateur) où j'assistais à une double représentation théâtrale de collégiens et de lycéens. Excellente soirée qui m'a permis de découvrir un nouveau lieu culturel rennais... et de donner un marque page Asylum au responsable de cette association. En cherchant l'adresse de l'ADEC pour m'y rendre, je suis tombé dans l'après-midi sur la liste des théâtres rennais. La surprise fût grande, et le sourire intérieur immense, de découvrir l'existence du Théâtre des lucioles (ici). Ce joli nom leur a valu un mail de présentation du projet Asylum.

   Il n'a plus qu'à attendre les (éventuels) retours. A court terme, si le réseau Asylum pouvait s'agrandir d'un théâtre, puis s'ouvrir à une troisième ville française (après Rennes et Lille), ce serait une formidable dynamique. Car comme l'Europe, et comme la bicyclette de Jacques Delors, si Asylum n'avance plus... il tombe.


Nuit du 12 au 13 mai 2017


   1h30. Par où commencer ? Peut-être d'abord par le concert de ce soir organisé par l'association Un Toit c'est un Droit en soutien aux migrants des Jardins de la Poterie de Rennes. On retrouvera les liens utiles vers leur blog et leur pétition dans l'onglet "Convergence des initiatives citoyennes et agenda". J'ai pu y rencontrer Joëlle Couillandre, l'une des membres actives de l'association, ainsi que Mariethé Chevance qui est également administratrice au bureau de la Maison Internationale de Rennes (MIR). Toutes les deux m'ont accueilli chaleureusement et ont écouté avec attention ma présentation du projet Asylum. Je les en remercie vivement car cette démarche reste à chaque fois pour moi une forme incroyable d'effraction... Rien ne me semble plus saugrenu que de débarquer au milieu de ces acteurs associatifs, éducatifs et culturels pour leur proposer le pari d'Asylum.
   Mais c'est un bouquet de générosités qui m'attendait ce soir. Ainsi qu'une petite salle enflammée par le groupe Earplug (j'ai malheureusement raté Micronomade, qu'ils m'en excusent !). De retour sur le clavier de l'ordinateur, le début de nuit fut consacré à l'envoi d'un mail à toutes les associations listées par mes deux nouvelles marraines, à savoir :

- l'association des centres sociaux de Rennes (ARCS)
- les MJC de Bréquigny et de l'Antipode
- le CRIJ
- le CRIDEV
- le MRAP
- la CIMADE
- Si on s'alliait
- D'ici et d'ailleurs
- le Conseil des Migrants
- la MIR

Il manque dans cette liste le collectif de soutien aux personnes sans papier pour qui je n'ai pas trouvé l'adresse mail. Ce sera l'occasion pour moi de me rendre à la MIR qui héberge leurs assemblées générales.

   Plus tôt dans la journée, un mail retour de ma contacte des Champs libres me confirmait avec soulagement que cette quête complètement folle était partagée. Et que le projet Asylum serait mis à l'ordre du jour d'une réunion de la semaine prochaine. L'Association des librairies indépendantes des Hauts de France a aussi été contactée avec un mail retour favorable : Asylum sera communiqué aux membres de Libr'Aire. L'une d'elle avait déjà répondu en soirée : la librairie Par mots et merveilles de Maubeuge. Sa gérante m'y expliquait ses actions en relation avec la Cimade locale et des auteurs comme Véronika Boutinova et bientôt peut-être Laurent Gaudé. Une future luciole dans mon Nord natal ?

   Je ne sais pas quels seront les retours de tous ces contacts, ni jusqu'où Asylum sera capable d'aller. Cependant le collectif Michael K est monté sur une bicyclette qui favorise d'ores et déjà de biens belles rencontres. La joie de ces enfants au concert de ce soir, la communion de la musique et de la solidarité resteront des souvenirs impérissables. Il faudrait peut-être dormir maintenant...


Samedi 13 mai 2017

   Au réveil, Asylum découvre qu'une luciole s'est allumée à Maubeuge : la librairie Par Mots et Merveilles (ici) a rejoint le réseau ! Un long we familial dans le nord à l'occasion de l'Ascension sera l'occasion de remercier Pascal et Françoise J de vive voix et d'en repartir avec un livre... oui, mais lequel ? Sur le site de la librairie une phrase :

"Par Mots et Merveilles est née d’un rêve et a vu le jour en octobre 2008 dans un joli coin de Maubeuge"
   Les rêves ont donc bien un sens et, par des chemins mystérieux, savent parfois se rejoindre.


   Dans l'après-midi une balade sur Rennes me donne l'occasion de glisser deux marques pages à Lillico et Comptoir du Doc en me rendant au théâtre de la Parcheminerie. Après avoir diffusé Vers la tendresse d'Alice Diop, j'espère que l'association rennaise du cinéma documentaire rejoindra le réseau Asylum !
   Un bonjour rapide chez M'enfin et voilà que Bernard K parvient à me convaincre de créer une page facebook afin de faciliter la diffusion de la pétition Asylum. Après des années de résistance, me voilà rattrapé par les réseaux sociaux. Bon, si c'est pour la bonne cause ;)


Dimanche 14 mai 2017

   Grosse activité sur la page facebook Asylum pour lui faire vivre ses premiers "j'aime" ! Le novice que je suis sur facebook a profité des conseils avisés et surtout des nombreux soutiens d'une communauté familiale, d'ami-e-s, de collègues et de liens indirects associés aux réseaux des uns et des autres. Il semble qu'un nombre conséquent de "j'aime" et une activité de publication importante, comprenant des liens internet, soit nécessaire pour obtenir que la page soit référencée et puisse bénéficier d'une adresse utilisateur. Avec plus de 50 "j'aime" en une journée, une bonne partie du chemin est accomplie. Merci à ceux et celles qui y ont contribué ! Les jours qui viennent devraient permettre d'obtenir cette adresse si utile pour nos futures communications.
    Ce lancement sur facebook a été l'occasion de contacter Gaël Faye (ses chansons font partie intégrante de l'ADN Asylum) et Patrick Chamoiseau. Nous espérons que l'auteur de Frères migrants saura nous entendre et inciter L'Institut du Tout-Monde à devenir une luciole Asylum. Le collectif Michael K en profite pour lui souhaiter un heureux 11e anniversaire !


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  Un extrait d'un livre de son fondateur, Edouard Glissant (1928-2011), me semble ici plus qu'approprié :

"J'appelle Tout-monde notre univers tel qu'il change et perdure en échangeant et, en même temps, la "vision" que nous en avons. La totalité-monde dans sa diversité physique et dans les représentations qu'elle nous inspire : que nous ne saurions plus chanter, dire ni travailler à souffrance à partir de notre seul lieu, sans plonger à l'imaginaire de cette totalité. Les poètes l'ont de tout temps pressenti. Mais ils furent maudits, ceux d'Occident, de n'avoir pas en leur temps consenti à l'exclusive du lieu, quand c'était la seule forme requise. Maudits aussi, parce qu'ils sentaient bien que leur rêve du monde en préfigurait ou accompagnait la Conquête. La conjonction des histoires des peuples propose aux poètes d'aujourd'hui une façon nouvelle. La mondialité, si elle se vérifie dans les oppressions et les exploitations des faibles par les puissants, se devine aussi et se vit par les poétiques, loin de toute généralisation."
Tout-Monde (essai et roman)

Pour aller + loin sur le concept du Tout-Monde (ici)

Lundi 15 mai 2017

    La librairie Greenwich de Rennes a confirmé son engagement dans le projet Asylum de bien belle manière : signature de la pétition européenne (ici) à partir d'une citation d'un auteur portugais, Miguel Torga :


"L'universel, c'est le local moins les murs"
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 Miguel Torga par Carlos Botelho

  Il faudra que nous leur demandions des conseils de lecture de cet écrivain qui m'est personnellement totalement inconnu. Ce n'est pas pour rien que la librairie Greenwich est spécialisée dans les littératures étrangères ;) Salutations à Isabelle et Hervé !

  Reçu également deux mails de la part de la Maison de la poésie de Rennes et de l'association Un Toit, c'est un Droit ! Toutes les deux vont prochainement mettre en discussion l'éventualité de s'associer pleinement au réseau Asylum. Nous les attendons avec impatience !


Mercredi 17 mai 2017

   Quelques progrès enregistrés ces deux derniers jours. Si le nombre de signatures de la pétition augmente encore trop lentement à mon goût (290) et si aucune luciole ne s'est manifestée, la page facebook fonctionne plutôt bien et sa communauté s'étoffe peu à peu. L'activité de la page semble d'ailleurs avoir convaincu l'algorithme de Marck Zuckerberg, puisque nous venons d'obtenir un nom d'utilisateur et une adresse internet

@lucioles.Asylum
https://www.facebook.com/lucioles.Asylum/

   Petite victoire nous faisant franchir un palier en terme de communication ! C'est toujours ça de pris ;) Le fait de retrouver d'ancien-ne-s étudiant-e-s sur les réseaux sociaux donne certes un bon coup de vieux (certains sont en master 2 !) mais va permettre aussi de profiter des conseils de la "génération mutante" (Michel Serres) et d'atteindre leurs réseaux européens. Prometteur pour la suite...
   
   Par ailleurs, le collectif Michael K du lycée Victor et Hélène Basch s'est agrandit. Il comptabilise désormais sept membres. Des forces collectives indispensables pour poursuivre l'utopie Asylum.


Samedi 20 mai 2017

   La nuit européenne des musées à Rennes ne sera pas Asylum. Il fallait s'y attendre : le délai était beaucoup trop court pour permettre à ces différentes institutions culturelles de se saisir du projet, d'en débattre et de prendre une décision. Pas si grave, les démarches continuent et l'idée reste incrustée dans plusieurs têtes aux Champs libres !
   
   Plusieurs nouveaux contacts (certain-e-s diraient "bouteilles à la mer") ont été pris (lancés) depuis hier : le centre Primo Levi (Paris), la rédaction de Médiaparks du collège Rosa Parks (Rennes), la Cie théâtrale Hippocampe dirigée par un ami (Jeumont-59), les éditions Points (qui avaient publié Bienvenue !), Damien Roudeau (dessinateur de Bienvenue à Calais), l'atelier de dessinateurs Pepe Martini (Rennes), Hippolyte (dessinateur de la très belle Bd Les ombres), deux éditeurs jeunesse ayant participé à la publication collective Eux c'est nous (Magnard jeunesse et Rue du Monde).


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Dessin de Damien Roudeau


   Par ailleurs, le Centre Rennais d'Information pour le Développement et la Solidarité entre les Peuples (CRIDEV) a répondu à l'un de nos mails en se montrant plutôt à l'écoute du projet. Il semble donc que certaines bouteilles soient trouvées par de bonnes âmes et que les mails qu'elles abritent soient lus !

   Je me dis également qu'une relance vers les organisateurs du festival Étonnants voyageurs, Mélani et Michel Le Bris, ne serait pas superflue... C'est parti pour un mail ;)


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Étonnants voyageurs, bientôt luciole Asylum ?


    En fin d'après-midi, je découvre l'appel d'Embrun (Hautes-Alpes) lancé le 18 mai et relayé par le Club de Médiapart (cf l'onglet Convergences des initiatives citoyennes). On y apprend que 21 migrants menacés d'expulsion sont en grève de la faim depuis le 10 mai. Dix jours déjà. Pour pouvoir être accueillis dignement et rester dans le pays (la région) où des liens sociaux et affectifs sont établis. Un message envoyé par facebook à l'initiatrice de cet appel tente d'établir la liaison. Il faut absolument que nous parvenions à unifier tout cela d'une manière ou d'une autre.


Vendredi 26 mai 2017

   Presque une semaine d'écoulée sans avoir trouvé un moment pour compléter le journal du réseau Asylum. Rapide flash-back donc. Le lundi 22 mai à 15h30, le rendez-vous à la mairie de Rennes a permis une prise de contact intéressante avec deux conseillères municipales à la fois prudentes et à l'écoute du projet : Geneviève Letourneux aux Droits des femmes et à l'égalité et Anabel Marie à l'Europe. Réexpliquer de vive voix les intentions de ce projet axé sur une forte dimension symbolique (rassembler des partenaires culturels capables d'affirmer dans l'espace public leur attachement humaniste à une politique européenne d'asile des réfugiés) a favorisé une clarification nécessaire de notre démarche. Par ailleurs, la discussion autour d'un hypothétique "devoir de réserve" des acteurs culturels travaillant sous la tutelle de la mairie (bibliothèques municipales, Champs libres...) a débouché sur un point très concret : envoyer à court terme un courrier à Madame La Maire, Nathalie Appéré, pour expliciter notre démarche et nos attentes. L'idée de prendre contact avec la Maison de l'Europe est également une piste à exploiter. La participation à la manifestation de soutien aux migrants de la Poterie, place de la Mairie, m'a remis rapidement, s'il en était besoin, les pieds sur terre : pour ces familles l'urgence à très court terme (d'ici le 17 juillet) est de trouver des solutions de relogement. A côté de cela, l'élaboration du projet Asylum semble bien dérisoire...

   La suite de la semaine s'est néanmoins focalisée sur la recherche entêtée de lucioles Asylum. Sans souvenir précis de l'ordre des contacts, le festival photo de la Gacilly (56), le festival du cinéma documentaire de Douarnenez (29), l'association Utopia 56, Livre et lecture en Bretagne ainsi que la Bibliothèque publique d'information (Centre Pompidou, Paris) ont été approchés.

   Inutile de cacher que les retours se font rares... La date du festival approchant, il est de plus en plus incertain d'avoir la chance d'obtenir un engagement d'Etonnants voyageurs. Malgré cela, une proposition de rendez-vous d'Eric Gouzannet coordinateur au cinéma l'Arvor de Rennes, une visite amicale à la librairie Par mots et merveilles de Maubeuge et un accueil chaleureux de Bernard D qui dirige la Cie Hippocampe (59) ont permis d'entretenir la petite flamme Asylum.

   "Qui veut voyager loin...". Toujours remettre les choses à leur juste place : les difficultés d'Asylum ne sont rien à côté des chemins de l'exil empruntés par les réfugiés. Se donner du temps surtout, et garder à l'esprit les fabuleuses découvertes poétiques et les échanges qu'a déjà rendus possibles cette initiative citoyenne. L'achat de Meursault contre-enquête de Kamel Daoud dans une librairie capable de s'engager, sans sourciller, au cœur d'un département rongé par le vote d'extrême droite restera un souvenir impérissable.


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Meursault contre-enqûete de Kamel Daoud

Vendredi 2 juin 2017

   La veille, jeudi 1er juin, une bonne heure de riche discussion à l'Arvor avec Eric Gouzannet. Accueil chaleureux au cœur de ce cinéma d'Art et d'Essai de Rennes qui porte un vrai regard de cinéphiles et de citoyens sur l'état du monde. Avec les multiples diffusions du film La Sociale de Gilles Perret et les débats organisés par le collectif "Les Jours heureux", ou encore avec la reprogrammation de Chez nous de Lucas Belvaux pendant l'entre-deux tours de l'élection présidentielle française, on ne peut que se sentir en bonne compagnie. Bien sûr il est trop tôt pour savoir si l'Arvor rejoindra les lucioles d'Asylum... Le temps de la discussion, de la réflexion, du débat au sein du conseil d'administration du cinéma doit être pris avec sérénité. Patience. D'ici là nous ne bouderons pas notre plaisir et nous réfugierons aussi souvent que possible à l'abri des salles obscurs de l'Arvor.
   En quittant Eric Gouzannet, j'ai suivi ses conseils en passant par les librairies Critic et Le Forum du livre. Une discussion, deux marques pages laissés à leur bon souvenir et deux adresses mails en poche devraient permettre d'installer Asylum dans les têtes, et peut-être dans les cœurs...

   Sur facebook, la publication du texte intégral de la pétition Asylum dans chacune des langues fondant sa dimension européenne (allemand, anglais, espagnol, italien, français) devrait permettre - espérons - de redonner un second souffle à la pétition. Wait and see...

   Enfin, soyons fous, une lettre adressée à Bertrand Tavernier devrait parvenir d'ici peu à son bureau de l'Institut Lumière de Lyon. Le réalisateur de L'Horloger de Saint Paul est en effet président du festival de cinéma de Lyon qui a lieu chaque année courant octobre. Puisqu'Asylum a vocation à grandir, il n'y a aucune raison de s'autocensurer sur de potentiels soutiens. Bertrand Tavernier saura-t-il être l'impulsion décisive du projet ? Comment dit-on "wait and see" en espagnol, en allemand et en italien ?

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  Bertrand Tavernier

Mercredi 7 juin 2017

   Il est toujours étonnant d'observer les arabesques dessinées par les caprices du hasard. Elles représentent alors des constellations aux beaux mystères insondables. En me rendant au festival Étonnants Voyageurs ce dimanche 4 juin, et en m'étant focalisé sur le programme de l'après-midi "Frères migrants" avec Patrick Chamoiseau parmi d'autres invités remarquables, j'avais fait une croix sur la possibilité d'aller écouter l'ami Bertrand Tavernier dont l'intervention était prévue au même moment dans un autre lieu du festival. C'était sans compter sur l'habituelle déambulation au sein du salon du livre. En posant mon regard sur une pile de westerns, puis en le levant vers l'homme aux cheveux blancs assis derrière son stand, j'ai immédiatement regretté de ne pas avoir conservé un double de ma lettre sur moi. Une dédicace de La Captive aux yeux clair plus tard et une timide conversation laissant deux indices au réalisateur (mon prénom bien sûr, plus l'existence de cette lettre adressée à l'Institut Lumière de Lyon commençant par le film l'Horloger de Saint Paul), je m'éloignais de l'astre cinématographique en espérant secrètement m'être mis en satellite dans un coin de sa galaxie. Comment dit-on "wait and see" en dialectes iroquois, commanche ou sioux ?

   Les prospections se sont poursuivies dans les premiers jours de la semaine, puisque les chercheurs de lucioles, comme les chercheurs d'or du Klondike chez Jack London, sont avalés par les tortueux chemins de leur quête. Un mail groupé aux librairies rennaises Critic, le Forum du livre et au bar-librairie La Cour des miracles (qui serait bien inspirée de...) aura eu le mérite de prolonger le premier contact par marque-page. Sur facebook, la relance des éditeurs La Boîte à bulles a permis de nouer contact avec Vincent Henry, par ailleurs coauteur avec Gaël Henry d'un très bel album sur l'anarchiste cambrioleur Alexandre Jacob (éd. Sarbacane). Des messages échangés avec Sophie Pouchard du festival Douarnenez et Caroline Troin de l'association Rhizomes, laissent également espérer de possibles retours positifs.
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   Mardi 6 juin, une entrevue d'une heure en compagnie de Céline J. avec le proviseur du lycée Victor et Hélène Basch (Rennes) débouche sur deux points très concrets : présenter le projet Asylum au Conseil d'Administration du lundi 19 juin et transformer le simple collectif Michael K en association pour obtenir davantage de légitimité et de visibilité. Donner un cadre juridique au projet Asylum, et officialiser certaines de ses démarches auprès des acteurs publics, voilà déjà un conseil que formulèrent Geneviève Letourneux et Anabel Marie rencontrées à la Mairie de Rennes. Il faudra dans les prochains jours que le collectif Michael K se penche sérieusement sur cette question...

   Enfin, il ne faudrait pas que j'en oublie d'évoquer le très beau soutien venu du collège Rosa Parks sur la page Asylum. Un rapprochement avec l'équipe d'enseignants et de collégiens de la revue Médiaparks sollicité par son créateur Ronan Chérel offre de belles perspectives de travail en commun. Excitant !


Vendredi 9 juin 2017

   Un mois exactement que ce journal est commencé. S'il est trop tôt pour s'aventurer sur le moindre bilan, je soufflerai symboliquement la bougie ce soir avec les collègues et ami-e-s du prix Social Bd. Ceci d'autant plus que, si nous abordons la sélection de l'année prochaine, il est fort possible que la bande-dessinée Asylum de Javier De Isusi anime nos discussions. La dernière lecture en préparation de cette soirée, provoquée par Rémi T. qui a dévoré l'album, est Pereira prétend de Pierre-Henry Gomont , bande-dessinée adaptée du roman éponyme du romancier italien Antonio Tabucchi (1943-2012 ici ). Somptueuse réussite graphique qui fait largement écho au basculement de plusieurs d'entre nous dans le projet Asylum. A découvrir absolument.

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Une planche de Pereira prétend (Sarbacane)

   Hier, après que Céline J. m'ait soufflé l'existence du petit livre Osons la politique ! de Caroline De Haas et Camille Besse j'ai ajouté la maison d'édition La ville brûle à la longue liste des mails de contact... Dossard 61 sur la ligne de départ du Critérium Asylum. J'espère que contrairement à d'autres, il ne se perdra pas dans la montagne.

   Et puis... J'ai fait un rêve.... Pas en anglais, car il faut savoir garder les pieds sur terre et je laisse au pasteur ce qui appartient au pasteur. Le rêve que les huit Cités, Villes et Villages du livre répertoriés en France puissent s'afficher Asylum. Après tout, si on veut profiter de sa richesse, des nouveaux imaginaires qu'il suscite, il faut bien qu'un livre soit OUVERT non ? Les huit heureux destinataires - représentant désormais une constellation de huit points de chute sur la carte de France pour de futurs voyages - sont :

- la Cité du livre de Bécherel (située à 35 km de Rennes, elle organisera le vendredi 4 août une Nuit du livre sur le thème du polar)
- le village du livre d'Esquelbecq dans mon Nord natal (le projet Asylum n'en a pas fini de me surprendre, merci aux Réfugiés)
- le village du livre d'Ambierle (42)
- la Cité de l'écrit et des métiers du livre de Montmorillon en Poitou-Charentes
- la ville du livre de La Charité sur Loire dans la Nièvre (Bourgogne)
- le village du livre de Cuisery (71)

http://cuisery-villagedulivre.com/

- le village du livre de Fontenoy-la-Joute (54)
- le village du livre de Montolieu en pays d'Aude

  En furetant sur les sites internet de chacun d'eux, je me suis arrêté sur cette phrase de Michel Braibant, le fondateur du village du livre de Montolieu :

"Il n'est pas de réalisation qui ne soit au départ utopique"
montolieu_village_du_livre


   J'espère qu'en lisant mon mail et en y redécouvrant sa belle citation, il saura donner suite à l'Utopie Asylum. Un beau cadeau d'anniversaire pour le premier mois du fragile journal du réseau Asylum qui, sachant à peine marcher, veut déjà voler.


Lundi 12 juin 2017

   Voilà un moment que le collectif Michael K attendait des renforts. C'est chose faite aujourd'hui, avec la confirmation par Vincent Henry de l'engagement de l'éditeur de bande-dessinée La Boîte à Bulles au sein du réseau Asylum. Une nouvelle luciole qui s'allume dans la nuit européenne, formidable !

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    Plusieurs albums de la Boîte à Bulles ont été réalisés avec le partenariat d'Amnesty International, ce qui explique que nous nous étions tournés vers eux avec un solide espoir de retour. Parmi ces albums, on pourra lire avec beaucoup d'intérêt :

- Adivasis Meurtris de Matthieu Bertod et Eddy Simon
- Arraigo de Benjamin Fisher et Georges Van Linthout
- Doigts d'honneur de Ferenc et Bast
- Noxolo de Jean-Christophe Pol
- Panthers in the hole de Bruno et David Cénou
- Printemps noir de Maxence Emery et Thomas Humeau
- Tempête sur Bangui de Didier Kassaï


Le site internet Bdthèque recense les albums de différents éditeurs ayant été accompagnés par Amnesty International. Outre la Boîte à Bulles, on y trouve Futuropolis, Sarbacane, L'Agrume, Des Ronds dans l'O... (ici)

   Les prospections de lucioles continuent. Un mail envoyé à la Fédération des cafés librairies de Bretagne (des lieux agréables et alternatifs à découvrir ici) , ainsi qu'un message facebook à l'excellente équipe de La Revue Dessinée pourraient faire mouche. Un contact proche avec une personne de l'association multiculturelle l'Oasis du Val complète avec beaucoup de sens ce tour d'horizon.

   Il est par contre regrettable que le premier accord, plutôt sincère et enthousiaste, de la librairie Le Failler de Rennes soit resté sans suite et que la communication avec son directeur soit difficile à rétablir. Le métier de chercheur de lucioles est parfois semé de quelques embûches...


Mardi 20 juin 2017 - Journée mondiale du réfugié

   Le collectif Michael K se devait évidemment d'être au rendez-vous de cette journée mondiale du réfugié. Nous avons donc saisi l'occasion pour écrire (enfin) ce fameux courrier à la mairie de Rennes et l'envoyer à Nathalie Appéré, maire de Rennes, et à Benoît Careil, adjoint à la Culture (ici). En lui donnant un caractère ouvert par une publication sur facebook, nous espérons plus que jamais solliciter des ralliements au réseau Asylum.

   Plusieurs initiatives vont, comme nous, profiter de cette journée particulière pour défendre cette cause humaniste. Nous avons par exemple obtenu un bref mais chaleureux contact avec Emily Loizeau qui a non seulement lancé une pétition en faveur des réfugiés (cf onglet Convergence des initiatives citoyennes) mais organise également l’événement "Fais ton bateau" au canal de l'Ourcq à Paris.

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   En faisant le copier-coller de l'image de l’événement, je retrouve dans les artistes associés au concert de soutien de biens belles personnes dont la musique m'aide à vivre. Dominique A, Vincent Delerm (ici et ), Sanseverino, Albin de la Simone, J-P Nataf du groupe Les Innocents... Comment vais-je pouvoir rater ça ! Argggg !

    Hier soir, lundi 19 juin, le projet Asylum a été présenté comme prévu au conseil d'administration du lycée VHB (Rennes). Accueil plutôt bienveillant des personnes présentes (membres des associations de parents d'élèves, du personnel technique et administratif, des professeurs, une représentante du CVL) et rappel  attendu de notre proviseur sur les limites de l'exercice dans le cadre d'un lycée public soumis au devoir de "neutralité politique". Aucune raison de lui en vouloir, vu son statut de représentant de l'institution, mais le cœur est toujours un peu serré quand on s'aperçoit qu'un projet défendant l'asile à des personnes en détresse, fuyant la guerre, la torture et la faim, peut encore susciter des réserves de ce type. Confirmation qu'il faudra sans doute en passer par la création d'une association à court terme... et donc trouver des bras.

11:11 - 11h et 11mn quand je lève les yeux vers l'horloge de l'ordinateur. Le Grand Horloger fait signe que tout est possible. 



Jeudi 22 juin 2017

   Cette semaine nous enregistrons deux nouvelles lucioles qui rejoignent le réseau Asylum ! La Maison de la poésie de Rennes et l'association Québriac Migrants Solidarité n'ont évidemment pas attendu notre initiative citoyenne pour prendre la voie - et la voix - des humanistes, mais leur engagement au sein d'Asylum amplifie cette volonté de porter haut la cause de l'asile. Avec la Maison de la poésie, c'est un partenariat très concret qui se met progressivement en place avec dès l'année prochaine le souhait d'organiser une rencontre entre les élèves du lycée Victor et Hélène Basch et l'écrivaine Marie Cosnay (ici).

   Ce soir, c'est à un apéro géopolitique organisé au bar Le Panama de Rennes par l'association L'Allumette qu'une partie du collectif Michael K s'est rendu. Joude Jassouma, exilé syrien et auteur du récit Je viens d'Alep, est venu témoigner de son extraordinaire périple pour fuir la guerre et partager son idéal de paix. Là aussi, contact a été pris pour qu'une rencontre se fasse avec des lycéens. La soirée fut bien remplie avec la belle (re)découverte d'un lieu alternatif et de son patron chaleureux, ainsi que les membres de l'association L'Allumette. Esteban, qui a animé la soirée, a réalisé avec ses camarades un solide travail de mise en contexte historique et actuel de la problématique des migrations (cf notamment le numéro 128 avril-mai 2013 de Manière de voir - Le Monde Diplomatique "Faut-il abolir les frontières ?"). Chapeau !

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Jeudi 29 juin 2017

   Le réseau Asylum continue pas à pas, luciole après luciole d'engranger les soutiens. Depuis hier, la Société bretonne de philosophie s'est jointe au réseau. Clin d’œil amical à Didier H. s'il tombe sur ce journal, pour le remercier vivement de son travail de médiateur. Publié sur la page facebook Asylum (ici) l'extrait de L'Utopie de Thomas More salue comme il se doit ce renfort de capital symbolique qui va nous aider à maintenir la dynamique. Dans la ligne de mire, nous espérons toucher l'Apses (Association des professeurs de Sciences Economiques et Sociales) en plein cœur... Si les illustres défunts des Sciences Humaines pouvaient signer la pétition, nous aurions une tribune de premier choix : Hannah Arendt, Pierre Bourdieu, Robert Castel, René Descartes... chacun-e s'amusera à compléter l'alphabet !

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   Puisque la Maison de la Poésie de Rennes s'est associée au réseau, il est désormais plus facile de contacter sur cette base la Maison de la poésie de Paris et de l'inviter à partager l'existence du projet Asylum auprès des Maisons de la poésie d'autres grandes villes françaises. Le mail étant rédigé, il n'y a plus qu'à espérer qu'à la fin de l'envoi il fasse mouche.


Jeudi 10 août 2017

   4h38. Insomnie Asylum. L'occasion d'entretenir un journal largement laissé en friche depuis plus d'un mois. Le constat est un peu amer : la dynamique de ralliement des lucioles du réseau Asylum s'est enrayée avec l'été. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir poursuivi les démarches.

   L'APSES devrait étudier notre proposition à la rentrée lors de la réunion de son bureau. La Maison de la Poésie de Paris a poliment décliné l'idée de nous rejoindre en arguant du fait qu'elle menait déjà ses propres actions en faveur des réfugiés sous la forme d'ateliers d'écritures. Un mail de relance arguant du fait que cela n'empêchait pas de jouer la carte d'un affichage collectif plus déterminé en faveur de l'asile est resté sans suite. Tout comme la démarche auprès de la Maison de la poésie des Hauts de France... A Rennes, malgré les visites sur place et relances, ni la librairie Critic, ni celle de la Cour des miracles ne se sont manifestées. La découverte de la librairie militante de Toulouse, La Renaissance, a suscité un peu d'espoir, mais le message facebook est pour le moment sans réponse. Peut-être qu'un mail plus étoffé aurait plus d'impact.
   Pour la beauté du geste, un marque-page Asylum a été déposé au musée du Mémorial de Caen à destination de son directeur, Stéphane Grimaldi. Même une réponse, un signe amical envers notre initiative citoyenne serait miraculeux, mais je doute que cela arrive.

   Pour tout dire, la plus forte attente de l'été concernait le festival de cinéma de Douarnenez. Malgré une personne relais bien identifiée et quelques échanges sur facebook il y a quelques semaines, c'est le grand silence. Alors que le festival doit débuter dans huit jours, il faut avouer que cela n'augure rien de bon. Ce non engagement, et surtout l'absence d'explications, interroge forcément sur la poursuite du réseau Asylum car il semble difficile de trouver - au niveau du 7e art - un partenaire avec un profil aussi proche que ce que nous tentons de défendre. Le festival, sur le thème des Frontières, annonce quand même un focus sur "40 ans de luttes au cinéma en Bretagne" ! Pas de rancune évidemment, mais une vraie déception.

Affiche festival douarnenez 2017-A4

   Malgré tout, le relatif dynamisme de la page Asylum sur facebook laisse des raisons de croire que tout ceci n'est pas vain. La page a franchi le seuil des deux cents abonnés et commence modestement à attiser la curiosité d'acteurs liés à d'autres réseaux que les contacts de la première heure. Pour preuve, le soutien de cette nuit de "No border, nonations" (ici) à la page.
    La rentrée de septembre et la sortie de la torpeur du mois d'août sera peut-être aussi l'occasion de relancer la dynamique des lucioles. D'autant plus que des partenariats en gestation sont prometteurs, qu'il s'agisse de la Maison de la poésie de Rennes ou de l'association Chatô Solidaires et Sans Frontières.

Vendredi 15 septembre 2017

   Comme pressenti, le festival de Douarnenez s'est fait sans nous... Pas grave et déception déjà digérée, d'autant que nous ne pouvons que féliciter l'équipe du festival d'avoir honoré ses valeurs en recevant des représentants de l'association Roya citoyenne, ainsi qu'Edwy Plenel, le fondateur de Médiapart, qui a pris la parole avec éloquence devant les festivaliers pour défendre la cause de l'asile.
    De notre côté nous enregistrons avec bonheur et reconnaissance le ralliement de la Ligue des Droits de l'Homme de Rennes, notamment grâce au travail de médiation de Gilbert G. Le lycée Victor et Hélène Basch porte le nom du cofondateur de la Ligue française des Droits de l'Homme et du Citoyen. Son épouse et lui furent assassinés par la milice française en janvier 1944. Tout converge donc avec une belle cohérence et nous donne un nouveau souffle pour poursuivre et densifier l'aventure du réseau Asylum.

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Epoux Basch


    Pour l'heure, de façon encore plus concrète et plus urgente, le collectif du lycée s'emploie à soutenir les associations rennaises qui réclament à la préfecture et à la mairie des solutions de relogement pour les personnes sans abri. Nous nous inquiétons aussi sérieusement de la non réouverture de la classe CIFLESS qui accueille des mineurs primo-arrivants étrangers. Il semble qu'une nouvelle politique de redéploiement des moyens soit à l'oeuvre et que la pérennité de ce dispositif soit menacée. Comme d'habitude, en faisant passer la logique comptable devant le bien-être des personnes.


Samedi 11 novembre 2017

   Cette semaine fût plutôt bien animée et ouvre des perspectives prometteuses pour le réseau Asylum. Jeudi soir, le CVL de VHB m'avait invité à présenter le contenu du projet Asylum aux élèves nouvellement élus. Il est en effet important que la nouvelle composition de cette instance représentative des lycéens puisse se saisir (ou non) de ce projet et décider en connaissance de cause si elle souhaite renouveler le soutien apporté par le CVL de l'an dernier. Ce sont des adolescent-e-s concerné-e-s et impliqué-e-s qui ont, pendant plus d'une heure, écouté la genèse de ce projet, son histoire, son déroulement et ses espoirs pour une véritable politique d'asile en Europe. Une élève du CVL d'un autre lycée rennais, le lycée de Bréquigny, était également conviée à cette réunion. Ses camarades et elle ont ouvert tout récemment une section jeune d'Amnesty international dans leur établissement scolaire et montrent déjà à travers cette initiative un formidable engagement. Si plusieurs CVL de Rennes rejoignaient le réseau des lucioles Asylum, la probabilité de toucher d'autres villes en France deviendrait chaque jour plus grande...

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    Vendredi soir avait lieu à Combourg une lecture-concert autour d'un texte de Bernard Bretonnière. Une discussion avec le poète nantais en fin de soirée a permis de lui présenter Asylum et de profiter de l'occasion pour lui proposer d'en être le premier parrain. Bel échange. Ami de l'écrivaine et traductrice Marie Cosnay, que nous devrions recevoir à VHB en mars 2018, il héberge chez lui depuis un an maintenant des migrants venus d'Afrique. Un poète qui touche le ciel de ses mots et sait garder les pieds sur terre.

   
     Il est trop tôt pour savoir si ces contacts porteront leurs fruits. Mais Asylum respire toujours et son cœur bat plus fort lorsqu'il rencontre de belles personnes pleine d'énergie et d'humanisme.


Lundi 18 décembre 2017 - journée internationale des migrants

   Le temps passe trop vite et ce journal, allez savoir pourquoi, refuse obstinément de se remplir tout seul ! En cinq semaines, Asylum a pourtant engrangé de précieux soutiens. Bernard Bretonnière a répondu à notre espoir en acceptant la proposition d'être le parrain du projet. Il s'est tant investi dès les premiers jours qu'il a obtenu le ralliement d'une formidable marraine en la personne de Véronika Boutinova. Plus de détails sur leurs personnalités et leurs œuvres littéraires au sein de l'onglet sur le réseau Asylum.

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   L'un et l'autre ont activé leurs réseaux et ont donné un second souffle à notre pétition européenne qui approche désormais les 3000 signatures. Pour tou-te-s celles et ceux qui, comme moi , accompagnent le projet depuis ses débuts en avril 2017 et ont longtemps regardé avec un peu d'amertume cette pétition stagner sur quelques centaines de signataires, c'est un regain réjouissant. Il faut dire que Julie et Emma, élèves de 1ère ES au lycée Victor et Hélène BASCH menant un TPE sur l'initiative Asylum, donnent également beaucoup d'elles-mêmes pour faire connaître ce projet. Leur récent article sur leur participation à la bibliothèque vivante des Champs libres en témoigne.

   D'autres contacts ont été pris et sont en attente de réponse, du théâtre du Soleil au Festival Étonnants Voyageurs, en passant par de nouvelles librairies rennaises. De façon bien concrète, nous avons enregistré le ralliement de l'association Chatô Solidaire et Sans Frontière du lycée Chateaubriant de Rennes ainsi que celui de la librairie La Petite marchande de prose à Montfort sur Meu (35). Merci à eux pour cet engagement solidaire !

    Les lucioles sont toujours là, elles se rassemblent dans la nuit européenne pour porter l'espoir de l'asile. Le combat continue.


Mars-juin 2018

   Un nouveau couple de parrain et marraine a accepté d'apporter son soutien au projet Asylum. Après être venue rencontrer les élèves du lycée Victor et Hélène Basch, la traductrice de textes anciens et écrivaine Marie Cosnay (Jours de répit à Baigorri, éditions Creaphis) a manifesté un grand enthousiasme à l'idée d'être une nouvelle marraine du projet. Le photographe et reporter François Lepage, qui a réalisé des photos sur l'expérience des jardins de la Poterie à Rennes (gestion d'un habitat collectif par les migrants eux-mêmes et l'association UTUD) s'est joint à elle peu de temps après. Espérons que ces nouveaux soutiens nous apporterons plus de visibilité et de légitimité pour étendre encore notre réseau des lucioles !

  


Vendredi 21 septembre 2018

   Alors que le Théâtre National de Bretagne de Rennes a ouvert ses portes pour accueillir pendant trois nuits des migrants à la rue, le soir même de la diffusion en avant-première du film Libre sur Cédric Herrou (il est vrai sous la pression des associations caritatives qui ont été invitées à participer au débat d'après film), nous avons sauté sur l'occasion pour les relancer et leur demander de rejoindre le réseau. Il est évident que si le TNB venait à nous soutenir, le saut qualitatif serait très important.

   L'espoir, toujours.


Mardi 30 octobre 2018

   Triple relance en direction du monde du théâtre pour étendre le réseau des lucioles Asylum. Si le théâtre de la Paillette (Rennes) n'avait encore jamais été approché, c'est désormais chose faite. La demande de rendez-vous sur place avec un-e responsable de la direction de cette association n'a pas été immédiatement possible, mais un mail au conseil d'administration devrait pouvoir l'obtenir... m'a-t-on affirmé. Du côté du TNB, la secrétaire de direction m'a confirmé que le mail du 21 septembre avait bien été transmis à la direction de cette noble institution culturelle rennaise. L'absence totale de réponse de leur part depuis cette date ne laisse cependant rien augurer de bon... à moins que les fantômes de Fassbinder et de Pasolini ne viennent visiter les rêves d'Arthur Nauzyciel et de sa directrice adjointe Anne Cuisset. Enfin, le contact plutôt chaleureux avec la Compagnie O.C.U.S. est sans doute celui qui laisse le plus de possibilité d'espérer la naissance d'une nouvelle luciole.

   Un théâtre et/ou une compagnie théâtrale dans le réseau Asylum d'ici quelques jours ? Ce serait un peu de lumière pour attaquer le mois de novembre, après des élections brésiliennes qui ont ajouté leur propore clou samba au cercueil de l'hospitalité et de l'humanisme.



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