Le projet Asylum


De la culture à l'engagement citoyen

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   Le projet Asylum, c'est quoi ?

   Le projet "Asylum", c'est d'abord une lecture : celle de la bande-dessinée éponyme de Javier De Isusi parue en 2016 chez Rackham (ici). Fermer un tel livre engagé sur la crise des réfugiés fait naître un véritable transfert d'énergie de la passion de l'auteur vers ses lecteurs, de la force immense du (des) personnage(s) de fiction vers le réel. On dira aussi que cela active un sentiment d'indignation, de révolte salutaire. Une interruption provisoire d'une certaine apathie.
   Généralement une énième lecture, comme un film, une exposition, une chanson engagée, une pièce de théâtre ou tout autre moyen d'expression artistique, vient compléter d'autres confrontations au réel (articles presse, documentaires, essais) et finit par constituer une couche de plus dans la construction d'un esprit critique et d'une attitude d'empathie avec le monde. Une sédimentation géologique de l'âme. Mais sans secousse sismique...

   Or, pour une raison assez mystérieuse, probablement liée à un effet d'accumulation, ce très beau récit sur le civisme d'une grand-mère faisant preuve d'hospitalité envers des migrants a déclenché un élan. Une fabuleuse certitude que ce livre devait avoir une suite. Et donc une continuité dans un engagement citoyen.
   La première idée est de transformer l'énergie reçue en texte pouvant servir de support à une pétition. Puis, assez vite, se met en place le projet d'une pétition européenne écrite en plusieurs langues (français, italien, anglais, allemand, espagnol), qui serait adressée à la Commission européenne (signature ici). Et surtout qui aurait l'ambition de faire converger toutes les forces humanistes et progressistes de l'Europe. Celle des Lumières, celle de Victor Hugo, celle des Indignés de Stéphane Hessel.

   Seulement voilà : les pétitions abondent sur internet et chacun sait que si elles ne sont pas relayées, amplifiées par un véritable ancrage dans la vie sociale, elles sont vite oubliées. Que faire pour aller plus loin ? Demander aux acteurs de la culture qui soutiennent et diffusent les combats des artistes (les films d'Aki Kaurismaki, les romans de Laurent Gaudé, les textes d'Albert Camus, les pièces du théâtre engagé) de prendre part à cette (folle ?) aventure en se positionnant clairement dans l'espace public sur cette crise des réfugiés. Permettre aux œuvres qui ont voulu bousculer notre regard sur le monde de le changer. En clair : proposer aux bibliothèques, aux musées, aux cinémas, aux associations, aux acteurs de l'éducation, aux librairies, aux théâtres... de prendre leur RESPONSABILITÉ. Si la culture est par essence politique (au sens où elle prend part à la vie de la cité), ses serviteurs doivent  légitimement faire levier pour lutter contre les peurs et réaffirmer les valeurs de fraternité et de solidarité.

   Progressivement, un réseau européen des acteurs de la culture pourrait ainsi symboliquement se déclarer "Asylum" en signant la pétition et surtout en adoptant un signe de ralliement chargé d'unifier le combat. Lequel pour cela ? Le point de départ de cet indignation s'imposait : le dessin de couverture de Javier De Isusi, lequel, contacté par Rackham, accepta qu'un simple nuage crayonné au-dessus de la tête d'un réfugié puisse nous donner la chance de tendre la main à ceux qui ont besoin d'être secourus.

   Un rêve, une utopie... vraiment ?


Collectif Michael K


La page facebook (ici)
Pour nous contacter : lucioles-asylum@sfr.fr

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